samedi 1 novembre 2014

Matérialiser

Marilyn Monroe reading Ulysses, Eve Arnold, Long Island, 1954.


Le livre restera car il n’y aura jamais assez de feu pour tout ce papier.
Le livre restera car le corps de l’homme est constitué à 56% de papier.
Le livre restera car les gens achètent plus de livres qu’ils n'en lisent.
La liseuse électronique ne peut pas (encore ?) se plier.
Après la dématérialisation, la re-matérialisation.
Le livre sera maintenu par les pouvoirs publics afin de sauver l’industrie du marque-page.
On dit que l’odeur du vieux papier est aphrodisiaque.
La tablette et les écrans provoquent des migraines. Les migraineux seront peut-être les derniers consommateurs de documents en papier.
Lire dans sa baignoire avec une tablette, c’est prendre le risque de mourir électrocuté par le deuxième tome de Don Quichotte.
Se couper les doigts avec des pages est une chose excitante.
Se couper les lèvres en se frottant à la tranche d’une page est une chose excitante.
Le livre est un objet fantasmagorique.
La photo de Marilyn lisant Joyce. 

Hugo Lemonnier